Gigacircus

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Écrire.

Écrire, parce qu’on a quelque chose à dire. Parce qu’on a quelque chose à mettre au propre. Parce qu’on veut dire quelque chose à quelqu’un. Ou non. Écrire pour soi.

[…] Écrire, simplement. Laisser des mots visibles. Un mot, une phrase. Un fil de pensée.

Écrire, c’est tisser. Jouer avec ces fils. Les organiser, les agencer, ou en faire des pelotes de nœuds.

Lire, c’est prendre ces paquets de nœuds, et démêler les fils. […] Lire, c’est chercher ces fils, ces phrases, ces mots, et c’est chercher à les suivre, comprendre. Sinon, ce n’est plus lire, c’est simplement regarder. Écrire, de toute façon, c’est prendre le temps. Prendre le temps de penser à celui qui va lire. Et lire, c’est prendre le temps de comprendre celui qui a écrit.

Les cinq ans d’études à l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image de Poitiers m’ont permis non seulement d’obtenir mon DNSEP en 2008, mais surtout de trouver les bases de ma démarche. Celle-ci se construit autour d'une interrogation sur la trace écrite, et plus largement des informations qui nous entourent, démultipliées, de plus en plus nombreuses et libres d’accès.

Aujourd’hui, l’individu se retrouve plongé dans une masse d’informations dont il a plus ou moins la maîtrise. Comment se situe-t-il, se repère-t-il, se construit-il par rapport à ce flot continu ?

Mon travail repose donc sur le questionnement du lisible et de l'illisible, de l'effort de lecture, de déchiffrage et de tri d'informations que nous faisons ou non aujourd'hui.

Les matériaux que j'utilise sont les traces écrites, l'ombre et la lumière, les matières, ce qui touche à l’éphémère ; ils prennent formes sous différents aspects, le dessin, la photo, la vidéo, l'installation, la performance, au travers de mes œuvres personnelles ou d’œuvres collectives.